Chronofatigues : que faire contre les fatigues cycliques ?

La fatigue peut nous atteindre sous de multiples formes et intensités mais aussi selon différentes temporalités : durant la journée, pendant un mois, sur une saison ou encore à l’année. Identifier nos états de fatigues, ou chronofatigues, est essentiel pour s’appuyer sur des traitements naturels permettant de les prendre en charge ou les prévenir. Pour conserver dynamisme et bien-être, découvrez les conseils du docteur Jean-Loup Dervaux.

Ce n’est un secret pour personne : nous avons tous notre propre sensibilité à la fatigue. Si certains d’entre nous sont d’un dynamisme à toute épreuve, n’ayant besoin que de quelques heures de sommeil pour être dans une forme olympique, d’autres, au contraire, peuvent connaître plusieurs baisses d’énergie dans la journée, même après une grosse nuit de repos. Les raisons de cette inégalité face à la fatigue sont multiples : différences de constitution, d’âge, d’activités… Ces différents facteurs définissent notre baromètre interne de sensibilité à la fatigue. « L’important, dans le cadre d’une fatigue normale, c’est-à-dire justifiée par un effort physique ou mental, est de se reposer en fonction de ses besoins, explique le docteur Jean-Loup Dervaux, auteur de Chronofatigues, quelle est la votre ? (Dangles Editions). Lorsque nous écoutons notre corps, celui-ci nous envoie des signes assez précis sur notre degré de fatigue et notre besoin de repos. »

Quand la fatigue s’installe ou revient ponctuellement

Mais comment comprendre une fatigue qui se fait ressentir, sans raison apparente, au cours d’une journée ou encore pendant tout un mois ? « C’est ici qu’apparaît le concept de chronofatigues. Différents états de fatigue normale, qui ont comme particularité d’être limités sur un temps plus ou moins long : une journée, un mois, une saison ou une année. » Pour prendre en charge ou prévenir leur apparition, les traitements naturels ou alternatifs sont des alliés de choix. « La phytothérapie, la nutrithérapie ou les thérapies alternatives fournissent tout un catalogue de traitements, logiques et efficaces pour chaque type de fatigue ».

Les 4 chronofatigues et leurs prises en charge

Fatigue journalière : les fatigues de la journée, qu’elles se rencontrent le matin ou l’après-midi sont liées au terrain fonctionnel de chacun et à l’âge. Elles dépendent de la répartition de la dépense énergétique quotidienne. Le traitement se concentre sur les oligo-éléments comme le manganèse ou encore une association cuivre-or-argent si la fatigue est présente toute la journée.

Fatigue sur un mois : elle est très dépendante de nos biorythmes. Certaines personnes peuvent se sentir fatiguées en début de mois, avant de retrouver de l’énergie à la fin, mais bien souvent, plus le mois s’étend plus la fatigue arrive. Notre horloge interne jongle également avec trois types de fatigues : physique, mentale ou morale. Sur l’échelle d’un mois, il n’est pas rare qu’elles puissent s’ajouter ou se cumuler. Dans ce cas, un coup de pouce homéopathique est conseillé : l’arnica pour apaiser la fatigue physique, le phosphate de potassium pour la fatigue mentale, l’ignatia contre la fatigue morale…

Fatigue saisonnière : elle surgit aux saisons intermédiaires, car l’organisme éprouve des difficultés à s’adapter aux changements climatiques. Il en existe deux types. L’une est printanière et réactionnelle, avec une connotation nerveuse et d’excitation. Si elle n’est pas prise en charge, elle peut entraîner des troubles spasmophiles. Ces manifestations sont normales après un hiver sans soleil qui provoque un manque de vitamine D et de magnésium. L’autre est automnale, elle est plutôt constitutionnelle et correspond à une baisse d’énergie, qui peut mener à une dépression hivernaleDans les deux cas, la phytothérapie propose des remèdes précis : au printemps, les plantes sédatives et adaptatives comme l’aubépine, la passiflore ou encore la valériane ; à l’automne, les plantes tonifiantes et stimulantes comme le ginseng, la sauge ou encore la cannelle.

Fatigue au long court, à l’année : elle est continue avec des allures évolutives et survient par accès plus ou moins espacés. Elle est souvent liée à l’âge, c’est une fatigue énergétique. Pour faire face à cette baisse de vitalité, les thérapies énergisantes comme l’acupuncture ou la réflexothérapiesont recommandées, ainsi que la nutrithérapie, des vitamines ou sels minéraux à prendre sous forme de compléments alimentaires ou en rééquilibrant son alimentation.

Comment reconnaître sa sensibilité aux chronofatigues ?

Selon Jean-Loup Dervaux, il existerait 6 facteurs favorisant les chronofatigues, que l’on peut classer en deux catégories de déterminants : individuels (facteurs immunitaires, hydroélectrolytiques ou liés au métabolisme et neuroendocriniens) et environnementaux (facteurs énergétiques ou alimentaires, toxiques, familiaux ou congénitaux). En fonction de notre exposition à ces différents facteurs, nous pouvons être plus ou moins sensibles à certains types de fatigues. Si cette approche théorique peut être utile pour esquisser son terrain de fragilité énergétique, seule l’expérience permet de comprendre vraiment son rapport aux chronofatigues. « Ce n’est pas toujours évident de réaliser que l’on est fatigué cycliquement. La fatigue peut être apparemment incohérente, survenir sans raison évidente. L’expérience va nous permettre de nous rendre compte que nous sommes fatigués à tel ou tel moment. » Quelques questions à se poser permettent de mettre en perspective notre impression de fatigue. Par exemple, si l’on se sent fatigué à l’approche de l’hiver, nous pouvons nous interroger : Suis-je toujours fatigué à cette période ? Si oui, depuis quand ? A quel niveau est-ce que cela m’affecte ? Est-ce donc une chronofatigue saisonnière ?

Écouter sa fatigue… et les autres !

Tout comme les enfants qui ne reconnaissent pas avoir besoin de se reposer alors qu’ils sont épuisés, nous pouvons parfois, même adultes, rester sourds aux signes de la fatigue. Nous pouvons alors nous fier à la perception de notre entourage concernant notre état général pour nous alerter. « Il ne faut pas négliger l’avis de nos proches, surtout en cas de fatigue modérée mais qui dure, indique Jean-Loup Dervaux. C’est une fatigue dont on ne se rend pas compte immédiatement mais qui dispose de signaux d’alerte : une baisse de rendement dans nos activités professionnelles ou intellectuelles, un manque d’enthousiasme. Ici, c’est l’entourage qui peut signaler la fatigue, surtout si elle conduit à une certaine irritabilité ou encore une baisse de tonus. Contrairement à ce que nous pensons, nous ne sommes pas toujours les mieux placés pour étudier notre propre fatigue. »

 

Bien à vous. Dans la vitalité !

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