Garder l’énergie de l’été

Des activités physiques menées à 200 à l’heure, une vie sociale trépidante, des nuits très courtes, le tout en gardant une vitalité à toute épreuve… Nous aimerions tous pouvoir conserver le rythme de l’été à longueur d’année. Ce serait pourtant oublier toute l’énergie que la rentrée nous demande, mais également tout ce que nous suggèrent les éléments : les jours qui raccourcissent, le climat qui s’adoucit. Oui, dès la fin août, un changement s’amorce imperceptiblement. A nous de l’accompagner pour vivre au mieux cette période charnière.

D’où vient cette vitalité qui nous gagne aux beaux jours ? Bien sûr, il y a le soleil, les vacances, le temps plus libre, le repos et la détente. Le fait de ne plus être en permanence dans la recherche de l’efficacité. Mais pas seulement. « Il y a une logique propre à l’été », explique Laurent Berthelot, praticien en shiatsu.

« Dans la tradition chinoise, c’est la saison où le ciel et la terre forment un couple parfaitement uni. C’est l’expansion ultime, la maturité, l’acmé du mouvement annuel des saisons. Ce que nous avons semé en hiver et mis en mouvement au printemps arrive à maturité en été. Les couleurs, les odeurs, les sensations sont ainsi à leur paroxysme. Et les corps, plus dénudés, accroissent plus encore nos capacités à les ressentir. C’est cette énergie débordante de l’été qui nous donne l’envie de festoyer, de rire, de communiquer avec les autres. De profiter au maximum de ses bienfaits.

» Un état de grâce, en somme, que l’on souhaiterait prolonger, encore et encore…

Une énergie à capitaliser

Le meilleur moyen d’y parvenir ? « Avoir pleinement vécu l’été » selon Laurent Berthelot.

« Être heureux de l’énergie que l’on a reçue », avance quant à elle Bénédicte Lounis, psychothérapeute. « La capitaliser précieusement mais ensuite accepter de passer à autre chose, de recevoir une énergie nouvelle. Il ne faut pas regretter, ne surtout pas se mettre dans la nostalgie de l’été. Cela nous empêcherait tout simplement d’être dans le présent. »

Là encore la médecine chinoise nous éclaire. Car selon elle, dès la fin août, la période de la Terre remplace celle du feu et ouvre un moment de transition qui nous conduit à se centrer davantage sur soi, à ralentir un peu, aussi. Ce n’est pas un hasard si l’on éprouve à ce moment-là le besoin de s’occuper de sa maison ou de faire un bilan personnel.

Alors pour ne pas s’épuiser dès la rentrée, mieux vaut accompagner le changement que lutter à contre-courant dans l’espoir de rester coûte que coûte dans le rythme de l’été.

« Pour être en bonne santé », conseille Laurent Berthelot, « il faut suivre les rythmes naturels et notamment celui des saisons. L’énergie propre à l’été décline dès septembre : nous rentrons dans une phase moins expansive, moins lumineuse. Il est donc tout naturel que la vitalité qui caractérise l’été s’épuise également.

Essayer de la faire perdurer par des moyens artificiels risquerait au contraire de nous affaiblir. »

Changer de rythme

Soit. Mais doit-on pour autant se résoudre à la petite déprime de la rentrée ? À cette baisse de régime ? Pas le moins du monde !

Car si les baisses d’énergie et les moments de fatigue sont naturels, ils ne sont pas inévitables. « L’important, dans un premier temps, est de comprendre que nous ne sommes pas sujet à une dépression mais que ce ralentissement est en fait apaisement, reconnexion avec nous-même et avec notre environnement », décrypte Bénédicte Lounis.

« Ensuite, il va falloir accepter d’être en contradiction avec ce que la société nous impose. Car si tout dans la nature ralentit, la rentrée exige de nous de rester dans l’action. Il va donc falloir adapter nos rythmes. »

À commencer par celui de nos nuits, pour concentrer nos forces sur tout ce que nous devons accomplir en journée.

« Certains vont ressentir le besoin de se coucher plus tôt, d’alléger leur vie sociale. Et c’est très bien. Mieux vaut s’autoriser des soirées apaisées – en levant le pied sur la télévision et tout ce qui surstimule le système nerveux – et s’accorder un quart d’heure de plus, le matin, pour prendre le temps de s’éveiller en douceur, de se lever, de s’étirer. Ou tout simplement de respirer devant sa fenêtre. »

Soigner son hygiène de vie

Notre alimentation, première alliée de notre forme, va elle aussi devoir évoluer, notamment en donnant une place de choix aux fruits et légumes de saison, qui permettent de se connecter à une énergie plus apaisante.

Le meilleur d’entre eux est sans aucun doute le raisin, à picorer lors des repas ou en cure, dès fin août ou début septembre, pour d’un côté, calmer la surexcitation de l’été et de l’autre, préparer la rentrée en toute sérénité.

Même s’il fait encore chaud, même si le soleil est encore là, voici aussi venu le temps de bouder un peu les crudités et de manger plus varié, plus cuit, plus chaud.

« Par la suite, on privilégiera des aliments qui nourrissent l’énergie de l’automne, comme le poireau, le millet, la cannelle, le gingembre, l’ail, le céleri, le chou-rave, l’oignon, le radis mais aussi le piment et le navet » détaille Laurent Berthelot.

Besoin d’un petit coup de pouce supplémentaire pour garder forme et moral ?

Vous pouvez vous tourner vers des soins énergétiques (comme le shiatsu ou l’acupuncture) ou vers la phytothérapie. « Dès la première semaine de septembre, pour lutter contre la paresse du corps, l’inertie et la fatigue, préparez-vous des infusions de camomille en fin de journée », conseille Bénédicte Lounis.

« Contrairement à ce que l’on croit souvent, cela n’endort pas mais contribue notablement à nous déstresser. Vous pouvez également opter pour les huiles essentielles. Un peu de cannelle, notamment, associée à de la teinture mère de sauge, répond très bien au besoin de nettoyer, de restimuler, et en même temps de préparer notre organisme à affronter l’automne et ses petites infections ORL ».

Rester dans l’action

Soigner son sommeil et son assiette ne signifie pas pour autant se calfeutrer chez soi autour d’une infusion en attendant l’arrivée imminente de l’automne ou pire, le printemps suivant.

Pour conserver sa vitalité, il est primordial de rester dans l’action. Oubliez la natation si votre corps rechigne à se jeter à l’eau ou les pratiques sportives qui visent avant tout à défouler et qui sont gourmandes en énergie.

« Privilégiez plutôt le yoga, le qi-gong ou la marche », poursuit la psychothérapeute. « Cette dernière est particulièrement recommandée car elle crée une stimulation douce, nous contraint à mieux respirer, tout en nous maintenant en lien avec tout ce qui nous entoure. »

Conserver du temps pour soi

Tiraillés entre le besoin naturel de ralentir le rythme de nos vies et les impératifs de la rentrée, le risque est de tomber dans le célèbre « métro-boulot-dodo ». Pour l’éviter, tous les spécialistes s’accordent à reconnaître la nécessité de conserver des moments à soi et pour soi. «

C’est là toute la difficulté de cette période : il faut pouvoir conjuguer activité physique et temps pour l’intériorisation », analyse Bénédicte Lounis.

« L’idéal ? S’obliger à prendre de petits rendez-vous avec soi-même en journée. Quelques minutes de respiration abdominale sont parfois suffisantes pour nous mettre en cohérence cardiaque et nous remettre en phase avec nous-même.

Des exercices de conscience corporelle ou de petites méditations peuvent également se révéler bénéfiques pour se reconnecter à soi, au présent. L’avantage, c’est que l’on peut même pratiquer certains d’entre eux au volant de sa voiture ! ».

S’il est facile de se convaincre du bien-fondé de la démarche, reste à trouver une fois emporté dans le tourbillon de la rentrée ces petits moments à soi, sans avoir l’impression de sacrifier du temps pour sa famille ou son travail. En un mot : sans culpabiliser. La psychothérapeute l’affirme :

« Ces temps de pause tout sauf un luxe. » Ils sont les garants de notre vitalité pour l’année à venir.

Bien à vous. Dans la détente !

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